Première rentrée scolaire

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Première rentrée scolaire

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Première rentrée scolaire


Depuis 2005, la loi donne à chaque enfant porteur d’un handicap une place sur les bancs de l’école. Malheureusement, peu de choses sont faites pour l’aider à s’y asseoir.

La classe est potentiellement un lieu terrifiant pour les enfants autistes. Bruits, agitation, omniprésence de la parole et forte densité humaine au mètre carré en font le lieu de tous les dangers. Mais rien n’est perdu, bien au contraire.

L’école à temps partiel

Une scolarité régulière mais à temps partiel semble plus adaptée et profitable à tous. Il vaut mieux aller à l’école chaque jour mais seulement durant une heure et demie (jusqu’à la récréation du matin qui peut être très délicate à vivre) que de passer une journée complète par semaine. L’Ecole c’est un peu comme le Pastis. Un petit verre par jour et on est marseillais, une bouteille par jour et on est cirrhosé. Il n’est pas rare de voir des enfants scolarisés à marche forcé quitter précipitamment et souvent définitivement le système scolaire classique. Dans tous les cas, les premiers temps risques d’être difficiles, voire très très très difficiles. Comment pourrait -il en être autrement ? Mais il faut tenir bon car au bout du compte l’enfant trouvera du bonheur à partager la vie des camarades et à apprendre.

J’entends de là les cris de la foule :  » Mais vous vous rendez compte combien j’ai peiné pour obtenir 15 petites heures d’AVS et vous voudriez que je ne les utilise pas ? » Cela est rageant, j’en conviens. Consolons-nous en sachant que « notre » AVS pourra aider -durant ce temps d’école buissonnière – d’autres joyeux bambins qui en ont bien besoin. Scolariser volontairement à temps partiel, c’est finalement faire une force de la contrainte qui nous est initialement imposée. L’Ecole ne sait pas sortir du dilemme scolarisation/non scolarisation. Il existe une troisième voie : celle de la scolarisation à temps choisi.

Cette nécessité d’une scolarité à temps partiel – qui doit être expliquée à l’enseignant- pourra être renégociée plus tard dans l’année ou durant les années suivantes. Cela permet à l’enfant de ne pas s’épuiser sensoriellement, cela facilitera ses prises en charge durant l’après-midi (orthophonie, psychologue, psychomotricité, etc) et cela permettra à l’enseignant de souffler et donc de mieux s’investir! Bien sûr, cela suppose qu’un des parents cesse de travailler du moins partiellement…

Trois chantiers, trois défis

Quelque soit l’aménagement hebdomadaire retenu, trois chantiers sont à mettre en place
– Travailler avec l’enfant pour qu’il s’adapte à la classe
– Travailler sur la classe pour qu’elle s’adapte à l’enfant
– Rendre les compétences de l’enfant visible

a) Travailler avec l’enfant pour qu’il s’adapte à la classe.

C’est un travail qui devra être fait hors de l’école, par les parents ou des professionnels afin que bruit, lumière et promiscuité deviennent supportables. Vous trouverez des exemples d’activités dans la rubrique sensorialité

b) Travailler sur la classe pour qu’elle s’adapte à l’enfant

Pour que l’enfant puisse trouver sa place dans cet espace agressant qu’est la classe, il lui faut des repères et des moyens de communication.
– un simple emploi du temps accroché au tableau ou sur sa table sera un premier élément important. Vous en trouverez par ici.
– La parole de l’enseignant ne sera – au début en tout cas – que très mal perçue. Gardez à l’esprit que votre enfant ne parle pas la même langue que nous est une bonne approximation. Seriez-vous à l’aise si vous deviez devenir demain matin secrétaire dans une société tchèque ? Il faut donc trouver un substitut aux consignes verbales de l’enseignant sans quoi l’enfant se saura jamais ce qu’on lui demande de faire. On risquerait alors de croire à tort qu’il ne sait rien faire. Une solution consiste à utiliser des consignes sous formes de pictogrammes. Heureux veinards que vous êtes, le fichier à imprimer se trouve ici au chaud et n’attends que votre clic de souris pour passer à l’action

c) Rendre les compétences de l’enfant visibles

Comme tout bon trésor qui se respecte, les compétences de l’enfant autiste sont cachées. Cachées car l’enfant autiste n’apprend pas comme les autres. Et je neparle pas essentiellement du rythme d’apprentissage mais bien de l’ordre des apprentissages. L’adage  » Qui peut le plus peut le moins » est à jeter aux oubliettes. Il n’est pas rare que des enfants autistes apprennent :
– à lire avant de savoir parler correctement
– A reconnaitre les lettres de l’alphabet avant de savoir différencier les couleurs primaires
– A compter avant même de tenir le moindre crayon
– Et la liste est longue…

Pourquoi est-ce difficile ?

Deux raisons expliquent la difficulté à rendre les compétences de l’enfant autiste visibles :
a) L’enseignant, de par son expérience, est habitué à un certain ordre dans l’apparition des apprentissages. Comment pourrait-il soupçonner qu’un enfant sait déjà identifier des syllabes s’il est mutique et ne sait pas trier des jetons de couleurs ? L’enfant autiste a un autre regard sur le monde et nous devons avoir un autre regard sur lui.
b) L’école maternelle et dans une certaine mesure le CP sont entièrement basés sur l’importance de la parole comme moyen d’enseignement (la consigne du professeur) mais aussi comme moyen de structuration de la pensée (la parole de l’enfant). Boileau ne disait-il pas « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément. » Nos enfants autistes prouvent que cela est faux. Encore un mythe qui s’effondre.

Pour dépasser ces deux difficultés majeures, il nous faut parvenir à imaginer des compétences extraordinaires alors même que l’enfant semble en déficit voire « débile ». Il nous faut voir du « beaucoup » là où il ne semble y avoir que du « trop peu ». Beau défi.


Pour imprimer cet article, il suffit d’appuyer avec délicatesse ici : ICI

Pictogrammes pour l’école

Consignes orales et pictogrammes
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